PATRICK WEDD, DIR.
 

 

 
ROMANCE À L'ALLEMANDE
25 novembre 2007, 19 h 30
Église anglicane Saint-Georges
1101, rue Stanley, Montréal

Programme (sujet à changement sans préavis)

Brahms : Missa Canonica (1856)
Mendelssohn : Sechs Sprüche für das Kirchenjahr, Op. 79
Mendelssohn : Mitten Wir Im Leben Sind, Op. 23/3
Mendelssohn : Warum Toben Die Heiden, Op. 78/1
Rheinberger : Abendlied (Drei geistliche Gesaenge Op. 69)
Mendelssohn : Ave Maria, Op. 23/2
Schubert : Der 23. Psalm (D. 706)
Brahms : Fest- und Gedenksprüche, Op 109

Notre premier concert dirigera l'attention de ses auditeurs vers l'ère romantiqu, surtout du côté des compositeurs germaniques. Faisant suite au classicisme, le romantisme s'éloigne de la stricte attention portée à la forme et à la structure pour se concentrer davantage sur une expression personnelle riche et variée. Brahms, Mendelssohn, Schubert et Rheinberger ont tous vécu et composé pendant cette période particulière d'expression des émotions.

Le développement de la musique vocale, comme le lied, était l'un des moyens de parvenir à une expression et une émotion plus intenses. Franz Schubert (1797-1828), l'un des premiers compositeurs romantiques, est surtout réputé pour ses lieder, dans lesquelles il met souvent en musique des poèmes classiques, mettant en évidence la métaphore en la transposant en langage musical. Le programme comprend le Psaume 23, pour voix de femmes avec accompagnement d'orgue. Apprécié pour son prélude aux harmonies exquises, son entrée magique des voix et son expression béatifique, cet arrangement à quatre voix du psaume Le Seigneur est mon berger a dans les faits été écrit pour son amie Anna Frolich comme pièce d'examen pour ses élèves de chant. On peut présumer de l'état misérable de Schubert à l'époque. En effet, ce dernier écrivait : « Personne ne comprend la douleur des autres, personne ne comprend la joie des autres… Ma musique est le fruit de mon talent et de ma misère. Et celle que j'ai écrite dans la plus grande détresse est celle que le monde semble apprécier le plus.»

Felix Mendelssohn (1809-1847) écrivit sa première pièce à l'âge de 11 ans; il devint par la suite un compositeur prolifique, en plus d'être chef d'orchestre. Bien que la musique de Mendelssohn soit la plus classique de toute sa génération, il était un vrai romantique, cultivant les formes simples et les pièces de caractère. Le programme inclut la troisième de ses Trois Pièces sacrées, Mitten wir im Leben sind, op. 23 no. 3. Écrite en 1830, et inspirée de sa première visite à la cité du Vatican, cette pièce se caractérise par son austérité et sa puissance émotive. Mendelssohn lui-même la décrivit, dans une lettre à sa sœur Fanny, comme l'une des meilleures œuvres sacrées qu'il ait jamais écrites, disant qu'elle était empreinte d'un bourdonnement de colère dans le plus foncé des tons de bleu. La vénération qu'il avait pour Bach et l'utilisation de la structure de ses motets, de même que l'emploi de mouvements de style contrapuntique néo-baroque et l'inclusion de chorals : tout cela est frappant dans cette pièce.

Nous avons aussi inséré Warum toben die Heiden, op. 78 no. 1, une œuvre, écrite 13 ans plus tard, constituée de psaumes pour chœur sans accompagnement et considérée comme la plus ambitieuse de toutes ses œuvres chorales. Il y établit un contraste impressionnant entre des blocs de différentes couleurs vocales, passant de la texture d'un chœur à huit voix à celle de voix individuelles. La dernière de ses pièces faisant partie du programme est une suite d'antiennes à huit voix a cappella, Sechs Sprüche, op. 79, dans le style de Palestrina, style que Mendelssohn a renouvelé et retravaillé pour refléter son époque.

Johannes Brahms (1833-1897) est réputé pour la mélancolie profonde et rêveuse de sa musique; on qualifie même souvent sa musique de jeunesse comme étant automnale. Fait unique parmi ses contemporains, Brahms étudiait les œuvres chorales de compositeurs du Baroque et de la Renaissance largement oubliés à l'époque, comme Gabrieli et Schütz. Employant leurs techniques de composition dans un contexte contemporain, il découvrit de nouvelles sonorités en regroupant les voix de manière différente. La Missa Canonica, pour chœur de quatre à six voix et orgue, est une sorte de curiosité : composée aux alentours de 1856, l'œuvre a été jouée pour la première fois en 1983 seulement, probablement à cause de l'absence du Gloria et du Credo (dont les textes sont trop longs pour être adaptés à la forme du canon). Fest- und Gedenksprüche, trois chants pour chœur à huit voix a cappella, fait aussi partie du programme. Composé alors que Brahms devint citoyen honorifique de la ville de Hambourg, cet opus 109 a été décrit comme le couronnement de ses œuvres a cappella d'avant 1890.

Tout comme celles de Brahms, les compositions pour chœur de Joseph Rheinberger (1839-1901) contiennent de la musique remarquable, pour la plupart étrangère aux oreilles du mélomane de tous les jours. Le programme comprend l'une de ses pièces pour chœur les plus célèbres, Abendlied, op. 69, qu'il composa dans sa jeunesse et révisa plusieurs fois avant sa publication en tant qu'opus 69, alors qu'il avait 24 ans. Le texte est tiré du verset 29 de l'évangile selon saint Luc.

Musica Orbium s'efforce d'enrichir la vie culturelle de la communauté, non seulement grâce à son répertoire magnifique et inhabituel de musique chorale, mais aussi grâce à l'occasion qu'il fournit à des artistes locaux de vivre une expérience enrichissante. Le présent concert d'oeuvres de musique romantique allemande inclut la rarement jouée Missa Canonica de Brahms, une occasion de concert unique pour un organiste. Musica Orbium est heureux de travailler avec Jonathan Oldengarm, un récent diplômé de l'Université McGill à Montréal qui suscite des critiques élogieuses, tant au Québec qu'au Canada.

«… j'appréciai le contrôle parfait de l'instrument, la passion et la flamme dans les parties rapides ou virtuoses, l'intimité des passages méditatifs; dans Howells et Reger, la musique semblait prendre vie sous ses doigts.» (Mixtures, bulletin de liaison de la Fédération québécoise des amis de l'orgue)
«L'habileté [qu'Oldengarm] démontrait dans les changements de registre, romantiques et impeccables, sur cet instrument était des plus admirable et son jeu impressionnant donnait envie aux auditeurs de l'entendre de nouveau en récital.» (Orgue Canada)
et ailleurs :
«Jonathan Oldengarm, du Canada, tranche par sa musicalité sans faille et son imagination élégante.» (Irish Times)

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